Approche adaptée à la personne âgée

L’Approche adaptée à la personne âgée (AAPA) développée notamment par le /typo3conf/l10n/fr/rtehtmlarea/Resources/Private/Language/fr.locallang_accessibilityicons.xlf:external_link_new_window_altTextMinistère de la Santé et des services sociaux (MSSS), permet d’adapter les façons d’organiser les services et de donner les soins à la clientèle âgée hospitalisée ou qui se retrouve à l’urgence. L’AAPA a comme but de s’assurer que toutes les interventions nécessaires soient faites pour prévenir et, dans la mesure du possible, éviter le déconditionnement des patients âgés.

Cette approche préconise des soins et des services qui prennent davantage en considération les caractéristiques et les besoins qui sont propres au vieillissement. Ainsi, l’environnement physique est adapté à la personne âgée tout comme l’approche relationnelle du personnel soignant est centrée sur ces patients. Cette approche favorise si possible l’implication des personnes âgées dans les activités quotidiennes afin de maintenir leur mobilité. Cette évolution est devenue nécessaire pour s’adapter au vieillissement de la population.

Le vieillissement de la population est une réalité bien visible :

  • comme la moyenne du Québec, près de 7% de la population lavalloise est composée de personnes âgées de 75 ans et plus;
  • à l’urgence, un peu plus du tiers des patients sur les civières ont 75 ans et plus;
  • en moyenne, plus de 50% des lits d’hospitalisation sont occupés par des personnes âgées de 75 ans et plus;
  • quelque 45 % de toutes les journées d’hospitalisation au Québec sont utilisées par les personnes âgées de 65 ans et plus, lesquelles ne représentent que 14 % de la population;
  • depuis 1987, le nombre d’hospitalisations de personnes âgées de 75 ans et plus a doublé;
  • le pourcentage de personnes âgées de 65 ans et plus au Québec va presque doubler d’ici 25 ans, pour passer de 14 % à plus de 25 %;

Préoccupé par la qualité de ses services et la réponse aux besoins de la population de son territoire, le CISSS de Laval a fait le choix de passer à l’action. Ainsi, l’approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier est implantée à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé. 

Globalement, l’AAPA utilise des façons d’intervenir qui sont spécifiquement adaptées aux personnes âgées à l’urgence ou hospitalisées. Ces façons s’arriment avec six principales dimensions à surveiller et à évaluer tout au long du séjour à l’hôpital.

Autonomie fonctionnelle:

- Rester actif et bouger    

Intégrité cutanée:

- Conserver une peau saine    

Nutrition et hydratation:

- Bien s’alimenter et s’hydrater    

Élimination:

- Assurer la régularité       

État cognitif:

- Demeurer alerte et éviter la confusion     

Sommeil:

- Avoir un environnement propice au sommeil      

Les signes AINÉES sont évalués par le personnel soignant pendant tout le séjour à l’hôpital pour s’assurer que la personne âgée ne perde pas ses capacités et puisse retourner dans son milieu le plus rapidement possible.

Démarre le chargement du fichier Pour en savoir plus, consulter le feuillet d’information « Ici, on s’adapte à vous ».
 

Un programme de mobilité et de marche a été mis en place pour permettre une plus grande mobilisation des usagers. En effet, il est scientifiquement prouvé que le fait de demeurer le plus actif et le plus mobile possible chez la personne âgée évite plusieurs complications dont le déconditionnement et la perte d’autonomie. Ce programme incite ainsi les personnes âgées à bouger, par elles-mêmes ou aidées par leurs proches, dans leurs activités quotidiennes tout au long de leur séjour à l’hôpital. Il incite aussi le personnel à stimuler, encourager et faire participer le patient âgé et ses proches en ce sens.

Le programme de mobilité et de marche s’applique aussi pour les patients âgés pour qui la mobilité et la marche étaient difficiles avant leur arrivée à l’hôpital. Il en est de même pour ceux dont la mobilité devient problématique en cours d’hospitalisation à cause d’une conséquence de la maladie, par exemple. Pour ces cas, le personnel, avec la collaboration du médecin, a à identifier des solutions et à intervenir spécifiquement pour éviter ou diminuer les risques de déconditionnement et de perte d’autonomie. Tout cela est mis en place dans le but que la personne âgée demeure le plus autonome possible pendant son séjour à l’hôpital.

  • Parce qu’une seule journée d’alitement se traduira par trois jours d’hospitalisation chez une personne de 75 ans ou plus. En plus, pour une période de dix jours d’alitement, la récupération peut prendre jusqu’à 4 mois chez cette clientèle.
  • Parce qu’un séjour à l’hôpital est l’une des plus grandes causes de la perte d’autonomie chez la personne âgée, surtout si l'alitement a été prôné lors de l'hospitalisation.
  • Parce qu’on estime que l’inactivité reliée au repos au lit provoque une réduction de la force musculaire de 5 % par jour chez la personne âgée, comparativement à 1,5 % par jour chez le jeune adulte.
  • Parce que le fait de demeurer au lit entraîne une déminéralisation osseuse qui se produit 50 % plus rapidement chez la personne âgée que chez le jeune adulte.


  • À moins de contre-indication de l’équipe soignante ou du médecin, toutes les personnes âgées ont intérêt à bouger lorsqu’elles sont hospitalisées.
  • Que ce soit simplement de se lever, de prendre le repas assis au fauteuil ou d’aller prendre une marche, toutes les occasions sont bonnes pour bouger!

Démarre le chargement du fichier Pour en savoir plus, consulter le feuillet sur l’autonomie fonctionnelle

Un protocole « Prévention, évaluation et suivi du delirium » a été mis en place pour éviter le delirium, notamment chez les personnes âgées. Le delirium est une perturbation du cerveau qui touche les capacités cognitives (mémoire, orientation, perception, pensée, etc.) et l’état de conscience (éveil).

Le delirium est un état de confusion qui se développe rapidement, mais qui ne dure pas s’il est traité. La personne peut avoir des propos incohérents, des hallucinations, être désorientée, ne plus reconnaître ses proches ou avoir un comportement inhabituel. Il s’agit d’un syndrome organique aigu pouvant être attribuable à plusieurs facteurs et se présentant à tout âge, mais étant particulièrement fréquent chez la personne âgée.

Démarre le chargement du fichier Pour en savoir plus à propos du delirium, consulter le feuillet d’information « Le delirium ».

Le delirium affecte de 10 à 65 % des personnes âgées hospitalisées et de 15 à 70 % des résidents en hébergement. Il est l’une des principales causes de déclin fonctionnel de la clientèle hospitalisée et hébergée.

Les études scientifiques démontrent qu’un environnement adapté aide à compenser les difficultés ou les incapacités des personnes âgées, en plus de diminuer les facteurs de risque liés au delirium et au syndrome d’immobilisation, ces derniers étant les deux plus grands syndromes gériatriques causant un déclin fonctionnel. Par conséquent, agir sur l’environnement permet de contrer le déclin fonctionnel de la clientèle âgée. Les exemples sont nombreux. En voici quelques-uns :

  • une table de chevet ou un fauteuil ajustable en hauteur donne plus de confort et d’autonomie, peu importe la taille ou l’âge de la personne;
  • le désencombrement des corridors facilite la mobilité de tous les usagers et contribue à la diminution du déclin fonctionnel;
  • la réduction du bruit la nuit favorise le sommeil de tous les usagers.

Le CISSS de Laval est sensible à cet aspect et travaille activement à l’amélioration de l’environnement physique à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé afin de rencontrer les recommandations pour les personnes âgées.

Démarre le chargement du fichier Pour en savoir davantage, consulter le « Guide d’aménagement de l’environnement physique et des fournitures matérielles ».

L’AAPA représente l’une des priorités organisationnelles du CISSS de Laval. Des comités de suivi clinique et un comité de suivi médical ont été mis en place afin de s’assurer que l’AAPA soit présente dans tout l’hôpital.

De plus, les équipes soignantes des unités de soins visées sont soutenues par une infirmière spécialisée en gériatrie qui les aide à intégrer ces nouvelles pratiques dans leur travail quotidien.

Pour plus de renseignements, il est possible de s'informer auprès de l’équipe soignante ou du médecin du patient hospitalisé.